FIRENZUOLA FIRENZUOLA
Ce bourg dont le nom signifie "Petite Florence" est situé entre
la rivière Santerno et le mont Coloreta. Il fut fondé au
XIVe siècle, très précisément le 9 avril
1332, pour assurer le contrôle des transports et la sécurité du
commerce. Il fut attaqué à plusieurs reprises par les
Ubaldini qui, en 1342 et 1351, le mirent à feu et à sang.
En 1358, pour contrecarrer les vues expansionnistes des Visconti,
la République florentine se chargea de défendre la
ville: elle la fit enceindre de robustes murailles et entama la construction
du château fort (Rocca di Firenzuola). Un chantier qui dura
près de quarante ans. Et puis, en 1488, Laurent le Magnifique
décida de moderniser tout le système défensif
de Firenzuola. Il en chargea Antonio da Sangallo l'Ancien qui renforça
l'enceinte urbaine et la dota de bastions, de chemins de ronde et
de glacis. Le fossé du château accueille désormais
un musée très intéressant consacré à la
pierre serena typique de cette région: le Museo della Pietra
Serena. Firenzuola présente la disposition urbaine typique
des "nouvelles terres" florentines: une rue principale
se terminant à chaque extrémité par une porte
et une place centrale sur laquelle se dressent le château et
la prévôté. Il existe plusieurs sites fascinants à proximité de
la ville. Telles l'église de Cornacchiaia, datant des Carolingiens,
et la Badia di Moscheta, petite église dressée dans
un cadre naturel absolument superbe d'où l'on peut faire de
belles randonnées à pied ou à cheval. Et encore,
visiter le lieux-dit Bruscoli où l'on peut voir une exposition
permanente consacrée aux pièces archéologiques
découvertes pendant les fouilles le long des anciennes routes
et dans les ruines du château médiéval des contes
Alberti, ainsi qu'une section consacrée aux us et traditions
rurales et une autre à la Ligne gothique.
BARBERINO
BORGO SAN LORENZO
MARRADI
LOIANO
CASTEL DEL RIO
CASTIGLION DEI PEPOLI
MONGHIDORO
PALAZZUOLO SUL SENIO
SCARPERIA
SAN PIERO A SIEVE
VERGATO
VICCHIO
BARBERINO TQuoique
moderne, cette petite ville a une histoire très riche et
fut le théâtre d'événements importants.
Elle doit son nom à la famille des Cattani (de Combiate)
qui, au Moyen Âge, se fit bâtir un château sur
la colline stratégique dominant la vallée de la Stura
et celle de la Lora. En effet, les armoiries de cette famille,
sculptées sur une architrave du château, représentent
une tête d'homme à trois barbes. En 1313 la République
florentine acheta les droits sur Barberino, à la famille
Catani et à l'évêque, et y dépêcha
des représentants. Mais quelques années plus tard,
en 1351, les Florentins eux-mêmes décidèrent
de détruire le château, par représailles. En
effet, malgré l'accord qu'il avait passé avec Florence,
le seigneur Niccolò da Barberino se rangea du côté des
troupes ennemies de Giovanni Visconti. Il ouvrit les portes de
la ville aux milices commandées par Giovani Oleggio, leur
donnant asile et protection. C'est de là qu'elles partirent à l'assaut
de Latera, Villanova et Galliano qu'elles conquirent. Les monuments
les plus intéressants de Barberino sont la mairie (Palazzo
Pretorio) du XVe siècle, la tour de l'horloge et les loges
médicéennes avec leur arcade du XVIe siècle
due à Michelozzo. Et, dans les environs, la Badia di Santa
Maria a Vigesimo et la Villa delle Maschere (en cours de restauration),
sans oublier la Villa de Cafaggiolo, qu'elle partage avec la commune
de San Piero a Sieve. Situé à quelques kilomètres,
le lac de Bilancino est un superbe lac artificiel dont le tout
premier projet remonte à 1857. Cette réserve d'eau
retenue par un grand barrage (710 mètres de long et 42 de
haut) dont les bords ont été aménagés
est une véritable attraction touristique.
BORGO SAN LORENZO Cette
ville qui est aujourd'hui le plus gros centre agricole et industriel
du Mugello fut conquise par les Florentins en 1290. On y visite
le bourg médiéval aux jolies ruelles tortueuses et
la Pieve di San Lorenzo, église romane datant du XIIe siècle
au beau clocher hexagonal dressé au-dessus de l'abside décorée
au XIXe s. par Galileo Chini. L'église de la Madonna del
Cardellino (Madone au Chardonneret) abrite une peinture du XVIe
siècle du Maître des Madones. Et puis, la Villa Pecori
Giraldi qui abrite, entre autres, le Museo della Manifattura Chini
(Musée de la Manufacture Chini) consacré à cette
famille d'artistes géniaux qui ont laissé de nombreuses
traces de leur talent dans cette partie de la Toscane. Dans les
environs, vous attendent aussi, après l'ancien couvent des
Franciscains, l'église romane de San Giovanni Maggiore au
superbe clocher octogonal du XIe siècle et, un peu plus
loin, le joli bourg de Saniggale et sa très ancienne église
paroissiale de la Pieve di San Cresci a Valcava (IXe siècle).
MARRADI Dans
son Histoire de Florence, Machiavel disait de ce bourg que, bien
qu'il n'eut ni murs, ni rivière, il était fort de ses
montagnes et de ses gens, car les hommes y étaient braves
et fidèles. Célèbre pour son art de la ferronnerie
et ses châtaignes, l'ancien fief des comtes Guidi fut conquis
par Florence en 1428. Marradi est aussi célèbre pour
avoir donné le jour au poète Dino Campana, en 1885. À la
maison qui lui est consacrée (Centro Studi Campaniani), une
exposition bibliographique permanente permet de découvrir
les différentes éditions de l'œuvre de Campana,
des revues et des journaux contenant des articles et des critiques
de lui, des documents issus des archives communales et une riche
documentation iconographique. Parmi les bâtiments les plus
intéressants, la mairie (Palazzo del Comune), l'église
dite Chiesa del Suffragio et le Théâtre des Animosi.
De l'époque féodale, on peut encore voir l'Abbazzia
di Santa Reparata, une abbaye datant de 1050 qui abrite des peintures
du Maître de Marradi, de l'école de Ghirlandaio.
LOIANO Ce
bourg est surtout connu pour l'Observatoire d'astronomie de l'Université de
Bologne qui, grâce à ses puissants télescopes,
permet d'observer la voûte céleste. Mais Loiano conserve
aussi des traces d'un passé très intéressant,
comme la Chiesa di San Giacomo e Santa Margherita, une église
du XIVe siècle construite par les Augustins.
CASTEL DEL RIO Ses
habitants se disent "Alidosiens" parce que le bourg, qui
appartenait à la comtesse Matilde di Canossa, passa à la
famille Alidosi qui le garda longtemps en sa possession et en prit
soin. Grâce à eux il s'enrichit et s'embellit de grands
bâtiments, comme le palais, dit justement Palazzo degli Alidosi,
qui abrite aujourd'hui le Museo della Guerra (Musée de la
Guerre). Ce nom fut également donné au joli pont à dos
d'âne construit au XVe siècle au-dessus de la rivière
Santerno, à la sortie du bourg: le Ponte Alidosi.
CASTIGLION DEI PEPOLI Ce
joli bourg a grandi au milieu des montagnes les plus hautes du Mugello
mais les sites les plus intéressants se trouvent dans les
environs. Ainsi à Baragazza peut-on visiter un célèbre
sanctuaire, le Santuario della Madonna di Bocca di Rio, construit à l'endroit
où, selon la légende, la Vierge était apparue à deux
petits bergers, Cornelia Evangelisti et Donato Nuttini, le 16 juillet
1480. Comme elle le leur avait demandé, on érigea un
temple en honneur de la Vierge dans le bois mais sans clocher car,
nous dit encore la légende, à chaque fois qu'on fondait
des cloches, celles-ci disparaissaient immédiatement. Près
de là se trouve le lac de Brasimone, un lac artificiel réalisé en
1911 sur la rivière du même nom. L'endroit idéal
pour aller à la pêche et s'adonner aux sports aquatiques.
On y trouve également un petit musée sur l'énergie
et l'environnement.
MONGHIDORO Autrefois
ce bourg s'appelait Scaricalasino (Décharge ton âne)
et on comprend pourquoi: c'est là que se trouvait le poste
des douanes pontificales entre la Toscane et l'Émilie-Romagne
où tous les chargements étaient contrôlés.
On y visite la jolie place du village et, à Campeggio, le
Sanctuaire della Madonna dei Boschi (la Vierge des Bois), datant
de 1680, qui recèle une image de la Vierge de saint Luc, portée
en procession tous les ans jusqu'à l'église paroissiale.
Près de là, à Vergiano, on peut aussi voir une
très ancienne église, la Chiesa di San Alessandro,
et un groupe de maisons du XVIe siècle.
PALAZZUOLO SUL SENIO
Cet ancien fief des Ubaldini a conservé son Palazzo dei Capitani (Palais
des Capitaines), du XIVe siècle, et est célèbre pour avoir
accueilli Jules II accompagné de Machiavel. En effet, en 1506, le pape
s'y arrêta alors qu'il traversait les territoires de la seigneurie florentine
avec ses milices pour se rendre à Bologne et la reprendre aux Bentivoglio,
alliés des Vénitiens. Le palais abrite le Museo delle Genti di
Montagne (consacré aux gens de la montagne) et le Museo Archeologico
dell’Alto Mugello. Près de là, on visite également
la Badia di Susinana, une abbaye du XIVe siècle, et la Pieve di Misileo,
une belle église qui, malgré les réfections du XVIIIe
siècle, a conservé sa crypte romane.
SCARPERIA Ce
bourg, qui est aujourd'hui l’une des plus grosses villes du
Mugello, fut fondé en 1306 par la République florentine
pour s'opposer au pouvoir féodal de la famille des Ubaldini.
Scarperia est célèbre depuis toujours pour son art
de la coutellerie (couteaux, ciseaux, lames et objets divers en fer),
une tradition qui est encore vivante comme le prouvent les artisans
qui ouvrent leurs portes au public et le beau musée de la
coutellerie (Museo dei Ferri Taglienti). Le monument le plus intéressant
est certainement le Palazzo Pretorio, édifice imposant construit
au XIVe siècle par les Florentins et devenu vicariat du Mugello
en 1415. Rappelant le Palazzo Vecchio de Florence, il se dresse au-dessus
du bourg fortifié. On remarquera les armoiries qui ornent
la façade ainsi que les fresques de la cour intérieure
et des différentes salles. Parmi les œuvres les plus
intéressantes, citons une Vierge à l'Enfant avec des
saints attribuée à Ghirlandaio. De l'autre côté de
la place, la prévôté (Propositura dei Santi Jacopo
e Filippo) avec sa façade néogothique abrite un tondo
en marbre de Benedetto da Maiano et un tabernacle de Mino da Fiesole. À signaler également
deux oratoires: l'Oratorio della Madonna di Piazza où l'on
peut admirer un tabernacle des Della Robbia encadrant une Vierge à l'Enfant
de Taddeo Gaddi, et l'Oratorio della Madonna dei Terremoti avec sa
célèbre fresque de Filippo Lippi. Et, près de
là, la Pieve di Sant'Agata, église romane contenant
un autre tabernacle des Della Robbia. Après tant d'histoire,
signalons l'Autodrome International du Mugello, temple moderne de
l'automobile où se déroulent certaines courses du Championnat
du Monde.
SAN PIERO A SIEVE Nœud
routier important, le village vit le jour près de l’ancien
pont qui permettait de passer la Sieve et, au-delà, de rejoindre
Bologne par le col du Giogo. C'était là le seul passage
possible. La République florentine eut très tôt
conscience de l'importance de ce pont stratégique et le fit
refaire en 1372. Il fut décidé de remplacer l'ancienne
structure en bois et en pierre par un ouvrage plus robuste en pierres
de taille pour franchir les eaux de la Sieve. Mais San Piero n'a
pas que son pont. On y trouve aussi l'une des églises les
plus anciennes, sinon la plus ancienne, de tout le Mugello: la Pieve
di San Pietro, citée dans des documents datant de l'an 1018.
Aujourd'hui encore, bien qu'elle ait été remaniée,
elle présente les canons de l'architecture romane qui gagna
ces campagnes florentines aux XIe et XIIe siècles. Juste en
face de la Pieve, on découvre l'Oratorio della Compagnia,
construit à l'endroit où se trouvait l'ancien hôpital
d'une œuvre charitable actif dès 1275.
Ce bourg médiéval qui appartint aux Ubaldini ne connut son véritable
essor que sous les Médicis qui y laissèrent des témoignages
importants. Tout d'abord le Convento del Bosco ai Frati. Cet ensemble conventuel
entouré de superbes bois naturels de chênes et de hêtres fut
restauré en 1420 par Michelozzo Michelozzi à la demande de Cosme
de Médicis. On peut y admirer un Christ en bois attribué de l'avis
général à Donatello.
Et puis, non loin de là, la splendide Villa de Cafaggiolo. Un imposant
château à la structure très articulée réalisé en
1451, par Michelozzo toujours. Une curiosité: une partie des bâtiments
se trouve sur la commune de San Piero a Sieve, l'autre sur celle de Barberino.
De là, on peut rejoindre à pied, au milieu d'un bois de chênes
et de hêtres, le Castello del Trebbio, château bâti entre 1427
et 1436 au point le plus haut du Mugello. Très apprécié de
la famille Médicis, il fut longtemps habité par le célèbre
Jean des Bandes Noires, père de Cosme Ier, et sa femme Maria Salvati.
Enfin, on peut visiter la Fortezza di San Martino, dressée au-dessus du
bourg et dessinée par Buontalenti pour Cosme Ier de Médicis.
VERGATO
On est ici dans l'Apennin bolonais. La première chose à voir
dans cette petite ville est le palais communal à la façade
ornée de blasons. On l'appelle le Palazzo dei Capitani parce
que s'est ici que siégeaient les Capitaines de la Montagne.
Près de là, à Calvenzano, on peut visiter une église
très ancienne (citée dès le XIIe siècle),
la Chiesa di San Apollinare, qui appartint à la comtesse Matilde
di Canossa. D'autres surprises nous attendent: dès que l'on
franchit le pont de Riola, on découvre la Rocchetta Mattei,
un château de style mauresque et, à Riola, un joyau
de l'architecture moderne: l'église Santa Maria Assunta, réalisée
par l'architecte finlandais Alvar Aalto.
VICCHIO Située
dans un paysage d'une grande douceur, cette petite ville est célèbre
pour avoir donné le jour à Giotto et à Fra Angelico.
Issu d'une famille paysanne, Giotto naquit à Vespignano, cela
ne fait plus aucun doute, et de nombreux visiteurs viennent chaque
année y visiter la maison natale du célèbre
peintre. Pour sa part, Beato Angelico vint au monde au village de
San Michele a Rupecanina. Né Guido di Piero Tosini, l'artiste
prit l'habit sous le nom de Fra Giovanni et fut ensuite appelé "l'Angélique" en
raison de la qualité divine de sa peinture. Bien sûr,
le nouveau Museo Beato Angelico (Musée d'Art Sacré et
de Religiosité Populaire) lui est dédié. Des
fortifications médiévales de Vicchio il ne reste que
quelques portions de murailles et une tour, la Torre dei Cerchiai.
Dans le centre-ville, on peut encore voir la maison de Benvenuto
Cellini et l'Oratorio della Misericordia, du XVIIIe siècle.
Les fouilles archéologiques étrusques de Poggio Colla,
menées par des universités américaines, peuvent
se visiter pendant les campagnes de fouilles (en juin et juillet).
Le lieu-dit Barbiana mérite une visite. Il eut comme curé don
Lorenzo Milani, prêtre sensible aux problèmes d'éducation
et intellectuel raffiné qui s'engagea en faveur de l'élévation
culturelle des couches défavorisées. Les plus curieux
pourront aller jusqu'au Ponte della Ragnaia (ou Ponte di Cimabue),
un pont où, selon la légende, aurait eu lieu la célèbre
rencontre entre Cimabue et Giotto.